Envie d’une rupture conventionnelle : les 4 arguments à soutenir

La rupture conventionnelle permet de rompre d’un commun accord le contrat de travail à durée indéterminée (seulement un CDI et non un CDD). Ce mode de rupture est avantageux :allocations chômage (Assedic) contrairement à la démission, possibilité de négocier, procédure simple, indemnité… Mais votre employeur n’est pas obligé d’accepter votre demande. Comment convaincre votre employeur ? Voici les 4 arguments principaux que vous pouvez utiliser.

 Les avantages de la rupture conventionnelle

Vous ne souhaitez plus travailler pour votre actuelle entreprise, et ce, pour diverses raisons : votre travail ne vous plaît plus, vous souhaitez vous impliquer dans un autre projet professionnel mais vous avez besoin de temps avant qu’il aboutisse, vous avez des impératifs familiaux, vous souhaitez déménager…

Pour autant, vous ne souhaitez pas démissionner car cela ne vous permet pas de toucher le chômage.

En parlant avec votre entourage, certains vous ont suggéré de faire un abandon de poste. Cependant, il faut savoir qu’il se solde le plus souvent par un licenciement du salarié, parfois même pour faute grave : cette alternative n’est pas à privilégier pour de multiples raisons (risque de paiement de l’indemnité compensatrice de préavis voire de dommages et intérêts dans certains cas, réputation mise à mal, attente d’un licenciement, difficulté pour retrouver un nouvel emploi, etc…).

Dans ce paysage, la rupture négociée à l’amiable du contrat paraît être une solution pouvant présenter des avantages tant pour vous même que pour votre employeur.

La rupture conventionnelle de la relation contractuelle qui vous lie à votre entreprise peut être la bonne solution car elle permet de percevoir une indemnité de rupture au moins équivalente à l’indemnité de licenciement (légale ou conventionnelle). Mais elle vous permet également d’accéder, si vous en remplissez les conditions, à l’assurance chômage.

Néanmoins, avant de proposer une rupture conventionnelle, vous devez mûrement étudier ce que vous allez dire pour appuyer votre demande car tous les employeurs ne sont pas enclin à accepter de s’engager dans une telle démarche, impliquant un ouplusieurs entretiens, une demande d’homologation administrative,  le calcul et le versement d’une indemnité, un risque de contestation de la rupture, etc…

Votre décision est prise, vous souhaitez demander à votre employeur s’il est envisageable de rompre de manière conventionnelle votre contrat de travail. Vous pouvez lui envoyer un courrier en ce sens. Voici une lettre type de demande de rupture conventionnelle. Cette lettre de demande a juste à être adaptée à votre cas.

Votre employeur va très certainement vous recevoir au cours d’un entretien afin d’échanger à propos de votre demande. Vous vous demandez comment obtenir ce que vous désirez ? Vous allez devoir argumenter !

Nos 4 conseils pour convaincre votre employeur

Au cours de cet entretien, vous allez devoir convaincre votre chef d’entreprise et le faire adhérer au principe d’une rupture amiable du contrat qui vous lie.

Préparer à l’avance l’entretien et ses arguments

Pour améliorer vos chances de ne pas vous heurter à un refus de votre employeur, vous devez préparer à l’avance et soigneusement vos arguments. Par exemple, il peut être utile de rappeler à l’employeur que la motivation connue lors des débuts de la prise de fonction s’est amoindrie, que votre poste ne représente plus le même intérêt. S’il existe des raisons internes à l’entreprise, expliquez-les-lui. Vous pouvez en faire de même si des raisons personnelles ou une réorientation professionnelle vous motive. Votre employeur comprendra ainsi mieux le pourquoi du comment.

Évoquez votre malaise au sein de l’entreprise

Vous ne devez pas sous-estimer certains éléments. Ainsi, si tel est le cas, si vous ne vous sentez plus à l’aise dans votre équipe de travail ou dans le cadre de votre travail, vous devez l’évoquer.

Si vous vous estimez victime de faits de harcèlement moral, vous pouvez également le signaler à votre employeur et lui expliquer que la situation ne peut pas se prolonger et qu’il convient de trouver une issue équitable et convenable pour faire face au problème rencontré.

Dans le cadre de la négociation sur un projet de rupture conventionnelle, vous pouvez aussi rappeler à l’employeur l‘existence des irrégularités liées au déroulement de votre relation de travail (absence de visite médicale, non-paiement des heures supplémentaires, etc…) ou encore les reproches qui vous auraient été adressés (lenteur, manque d’organisation, de prise d’initiative, etc…) afin que celui-ci ne considère plus seulement la rupture conventionnelle comme un avantage qu’il vous donne, mais aussi comme une façon de conclure amiablement une relation de travail ne convenant plus à toutes les parties.

Insister sur l’intérêt commun de la rupture

Vous devez insister sur l’intérêt commun que représente un tel choix de rupture. Ainsi, il n’est pas inutile d’insister sur les avantages que représentent la rupture conventionnelle. Vous pouvez notamment évoquer qu’il vous revient à vous ainsi qu’à votre employeur de choisir sa date d’effet.

Anticiper votre départ et ne pas mettre votre employeur dans l’embarras

Vous devez préciser à l’employeur qu’une telle rupture permet d’anticiper votre départ, ce qui permet d’organiser les recherches d’un remplaçant, d’éviter de faire face à un départ précipité ou brutal pouvant être source de désorganisation. Vous pouvez lui préciser que vous accepteriez de lui laisser un délai afin de trouver un remplaçant, que vous accepteriez éventuellement de former celui-ci…

Gardez à l’esprit que votre employeur n’est en aucun cas tenu d’accepter votre demande. A vous de tout mettre en oeuvre pour le faire adhérer à votre démarche. Soyez convaincant !